Après la grosse caisse à la Tramassel, 20km, censé être un trail blanc, qui était vu la météo... vert! Une belle caisse, pour au final une 8ème place... avec un chrono de 1h33; alors ok, moyen, mais fini.

Donc, entre petit fiasco, manque cruel d'entrainement dû principalement à une entorse aigüe du gros orteil; la motivation en berne... des projets pleins la tête, je file direction Gruissan.

Un vent à écorner les bœufs, une météo qu'ils annonçaient dantesque, nous voici arrivés à bon port avec Damien. Je fais connaissance avec mes partenaires de gite, et il est temps de se mettre à l'apéro... oui, on ne change pas une méthode qui gagne! 2-3 conneries, et des lasagnes et dodo. Catherine, Géraldine, Richard et Laurent courent demain. 

Samedi matin, préparatifs pour certains, rien pour d'autres; départ pour les dossards, Damien et moi ça sera plus tard. 

On file manger chez Eric, l'autre 1000 pattes présents sur le 50km du dimanche; une petite sieste plus tard, nous voici au retrait des dossards, et parti attendre les autres à l'arrivée. On reviendra d'ailleurs en courant avec eux... un chauffe gambettes! Mais surtout ça a été le moment de découvrir que le lendemain, il faudra impérativement boire et beaucoup car le vent assèche énormément. 

Les 4 compères finissent quasiment ensemble, 300m tout au plus.... maintenant direction l'apéro!!! Plancha, saucisses, poivrons, blancs de poulet, croisés avec cacahuètes et autre chips... le tout accompagné de vin rouge... Mmmm un délice d'après course… peut-être pas d'avant course; mais bon, on s'en fou. 

Repas fini, je dors sur le canapé, Laurent ayant eu un complexe d'infériorité en termes de rapidité d'endormissement la veille... ;) Les affaires sont prêtes, il y a plus qu'a sauté dedans le dimanche matin, jour de course, alors que les autres se sont gentiment levés pour nous souhaiter bonne course.

Direction la ligne de départ, à 30km... Eric se tâte encore de prendre le départ, ces enfants lui ayant rendus la nuit difficile. 

Glagla, un vent rafraichissant, mais bon ciel bleu, je fais le choix de garder le Kway dans le sac, mais de prendre les gants. Nous rejoignons Eric, déjà partis s'entrainer avec Julien Jorro, l'un des favoris de cette course, malgré le gros niveau...  le temps de faire un ou deux petits kilomètres et nous voila sur la ligne, avec tous les cadors, Court, Jorro, Cussot pour ne citer que ceux que je connais... 

Le speaker balance la musique de départ, ça y est nous y sommes, 3-2-1, les lions sont lâchés! Départ tonitruant de ces fanas de la montagne; pour ma part, ça sera molo, ne pas se griller. On tourne à droite dès les premiers mètres, ça me passe dans tous les sens... j'espère simplement que je les redoublerais après. Eric est juste devant moi sur cette partie de bitume. 800mètres plus loin, on prend le chemin direction la première grosse difficulté de la journée. Une côte qui en tue plus d'un à chaque fois, les cadors sont quasiment déjà en haut alors que je rentre dedans, au petit trot; je me contente de suivre Eric...enfin j'essaye. Très rapidement, je marche comme les autres, enfin, un peu plus vite; j'en profite pour filmer, et regarder ce paysage de fou, mer, soleil, le tout sous un horizon rougeâtre... juste sublime. Les souffles de certains coureurs lambda sont rapides et intenses, ils ont tout misés sur le départ; ils vont galérer ceux là! Arrivé sur le replat, je me retourne pour le point de vue, et j'enquille pour recoller à Eric le plus rapidement possible. On envoie du bois, enfin, on essaye dans cette partie roulante en sous bois; mais très rapidement je me rends à l'évidence, les jambes ne sont pas là aujourd'hui; pour Eric, ça à l'air la même chose ! Les pierriers sont légions dans le coin, il va falloir être vigilant, ne pas se niquer la cheville et surtout faire attention au gros orteil qui me fait un mal de chien depuis le départ. Normalement, je suis censé être en repos pour encore 8 jours, mais bon... l'appel de la course! Devant moi, une petite descente, rien de bien compliqué, mais pourtant je me prend les pieds et fait un plongeon monumental… comme dans une piscine, sauf que l'atterrissage n'est pas vraiment le même: résultat aussi vite tombé, aussi vite remis debout, merci le judo; sauf que là j'ai les deux genoux en vrac. déjà que ces derniers temps ils criaient... là, ils ne crient plus, ils pleurent...  et merde, journée de naze… que ça va être long! N'empêche, point positif comme je dis souvent, je n'ai plus mal, ou moins mal à l'orteil! grrrrr

J'ai fais aussi une magnifique erreur de débutant... et oui, l'art de compliquer une course qui l'est déjà; chaussures quasiment neuves, jamais testées avec mes semelles orthopédiques, et qui plus est avec des chaussettes neuves; oui là je cherche...pffff, résultat, 2 ampoules derrières les talons, chaussures trop petites du coup. Ça va être long... les ampoules, les genoux, l'orteil, .... pffff

Eric me demande si ça va... euh, joker! ;) Je reprends le chemin, la douleur est là et bien là, elle va me suivre pendant 2h. N'arrivant pas réellement à suivre Eric, je lui dis, vas-y file, je vais attendre Damien.... mais alors qu'une heure de course est déjà passée, j'ai d'un coup d'un seul, un regain de forme. Les jambes jusque là absentes répondent d'un coup, je prends le relais d'Eric, et finalement le lâche dans la foulée. Je reprends du poil de la bête; je reprends des concurrents un à un, par contre je ne néglige pas boire et manger, chose que je fais que très rarement d'habitude. Nous passons dans un canyon, trop joli, et d'un coup, j’entends scander mon nom... ?! Tout en haut de la falaise, c'est Laurent et les autres… ça me donne des ailes... je recolle à la 1ère fille; la double avant la montée de type escalade; j'arrive en haut à la bascule sous les encouragements, je tape dans les mains et me voilà reparti... km 16 s'ils sont au bon endroit. 1h15... et bien rapide quand même!  D'un coup, j'entend la bande à lolo encourager Eric en contrebas, je lui ai mis quand même pas mal et en très peu de temps.. il doit pas être terrible!? Courage Eric, tiens bon :) 

Je forme le binôme avec cette fille, qui je vais le découvrir plus tard s'appelle Lucie et vient de Lille; on va le tenir jusqu'au 35ème; malgré tout de temps à autre on se fait reprendre par la 2ème et 3ème fille Pauly Jocelyne, une que j'ai croisé au Ttuturu trail et Cussot, une très forte. Enfin bref, le rythme est tellement soutenu que personne ne parle. Dans une côte en sous bois, je me retourne, un groupe de 8 revient, hors de question.... je leur fausse compagnie, je mets les watts, personne ne me suit. la côte est longue, caillouteuse, mais heureusement pas glissante, j'arrive sur le plateau, là un vent à écorner les bœufs... les filles reviennent peut à peut, à la jonction je me mets dans le groupe, nous reprenons quelques coureurs et continuons notre progression dans un single trace, miné de pierre dans tous les sens. Les kilomètres défilent, le groupe diminue, les filles craquent, je reste seul avec Lucie, 2 - 3 papotages mais rien de plus. Les paysages sont magiques, des canyons, des vallées, des 360° à couper le souffle, quelques vidéos au passage dans les singles entourés d'arbustes épineux, Whaouuu ! 

Les montées et les descentes s'enchainent, d'un coup, j’entends à nouveau mon nom, Sandrine est là avec les petits et m'encourage au passage, je lui signifie qu'Eric est pas très bien... elle me dit le ravito à 50mètres! J'arrive, Lucie à son assistance… on ne doit pas être du même niveau, c'est carré! Je sors mon gobelet, un coca, un verre de limonade, 2 quartiers d'orange, 2- 3 conneries, je me retourne, Lucie est repartie, Pauly l'ayant rejoint... Je ferme tout, et fonce comme un fou pour reprendre sa roue...Je repasse Pauly, reprend Lucy dans une grosse montée sèche... ouch celle là elle fait mal!!! Nous grimpons sur la route jusqu'à une antenne Tv, en doublant une féminine participant au relais, ça va vite...très vite, je lui dis, tu sais moi le classement c'est fini je vais tout faire pour t'amener au bout...Lucie me répond, je te remercie c'est vraiment sympa; enfin maintenant faut y arriver...et vu mon départ de course c'est un peu un miracle d'être là maintenant dans ce tempo... et qui plus est les douleurs sont parties avec les kilomètres. Nous reprenons un single trace dans un pierrier et des épineux, avec au passage une vue superbe sur la côte, et Gruissan; juste magique, rien que pour ça, cela vaut le coup de l'effort. Après ce magnifique paysage, nous plongeons dans un canyon, encore un, tout aussi serré que les autres, je sens que je commence à être dans le dur... j'essaye de l'accrocher mais inévitablement elle se détache... une machine! Je bâche comme on dit dans le jargon, serre des dents, je baisse la tête, et j'avance; direction la ligne d'arrivée, dans 15 bornes. J'en profite pour m'alimenter pendant mon passage dans les pinèdes, j'aperçois un concurrent à 200m; allez zou, objectif le reprendre…je lâche les chevaux, comme je peux, finalement, je m'aperçois que ok j'ai craqué mais tous les coureurs sont dans le même état, usés après ces 35 km éprouvant. Je reprends le gars au bout de quelques kilomètres, me voici maintenant sur la route, direction la dernière difficulté de la journée, je reprends en même temps un jeune gars que j'avais eu au départ de la course, un jeune de Foix. Le bitume m'anéantie, c'est terrible, alors que je l'avais rattrapé, il me sème, dur...  j’entends les gens derrière moi encourager Cussot, et merde elle revient; alors que j'attaque la dernière colline, le gars m'a repris 50m. Je le vois courir, me force à le faire, aussi pour le reprendre, mais surtout pour ne pas se faire reprendre soit même! Cette colline qui fait atrocement mal au mental, si belle, si près du but et qui peux s'avérer si ... difficile, je la dévore, bascule sur une descente relativement simple, il faut juste veiller à ne pas se prendre les pieds dans les branches présentes sur le tracé. Je le reprends progressivement alors que la pente touche à sa fin. Je débarque dans les vignes, reprend 2 coureurs en déperdition complète, le mec devant fait de la résistance... je poursuis l'effort, la dernière portion de bitume ne me fais plus rien, je suis comme aseptisé de la fatigue, je rentre sur le parc accompagné par des applaudissements nourris, mais il me résiste; même ma caméra n'en peux plus et refuse de filmer l'arrivée. D'un coup, il s'arrête alors que je croise mon pote Greg, qui as dû envoyer du bois...il m'attend et me dit on fini ensemble, je n'aime pas finir seul ! Curieux... ok on fait les derniers mètres ensemble. On arrive sur le tapis d'arrivée, passe l'arche au moment ou le speaker évoque notre nom!! Ça y est finisher si je peux dire; car pour moi être finisher d'un 50bornes c'est ...mdr!

Enfin, je l'ai bouclé en 4h46'48" 31ème sur 600 au départ! J'avoue que vu mon début de course, jamais, oui, jamais je n'aurai imaginé ce final. Je mets 20' de moins qu'en 2015, content! 

Une fois dans le parc, je prends vite fais un truc et croise Julien Jorro, qui me dit, je viens d'arriver, j'ai explosé et marché 5 km... oh merde, lui?  Pas possible…et comme quoi, une course n'est pas jouée d'avance.

J'ai finalement appris qu'Eric avait abandonné, au 30ème dommage... et j'ai été reprendre Damien, qui lui aussi fini, usé en 6h29. 

 Maintenant, direction le mec coin le 7 mars pour le Gars Ceven's trail, un 100km avec 3800m et le GRP blanc le 13 mars. Mais, pas encore sur pour le 7 mars.