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Bon et bien voilà, l’histoire est lancée, la Transpyrénéa arrive à grand pas…. Peut être trop grand pour moi ; mais charge à moi de faire le nécessaire pour que cette marche soit la plus petite possible.

Je commence donc l’enchainement mortel, Ultra Trail de Barcelone, Euskal Trail, Lozère Trail, rando en solo en partant de l’Ariège direction Tarbes par le GR10 et pour finir par l’Ultra Trail du Puy Marie.

En ce jeudi soir, direction Barcelone avec Damien ; qui lui va courir son 1er ultra ; la pression monte, lentement mais surement, enfin sur ces épaules, car moi j’y vais en touriste pour faire une sortie longue.

Nous campons à l’arrache dans le camion en court de route, et nous reprenons la route direction Begues (au sud de Barcelone). Les paysages sont justes fabuleux, c’est pas de très grandes montagnes ; mais ça risque de cogner ! On file au retrait des dossards, et là, je ne sais pas si c’est les espagnols mais alors pas un fléchage, pas de panneaux, rien… on trouve grâce à Damien et son espagnol l’endroit du retrait, mais ça ne sera qu’à 14h… et bien pas grave, ça sera saucisson, bière, gâteau, le plaisir quoi !

Retour à 14h au retrait des dossards ; une fois le précieux sésame récupéré, Damien inspecte pleinement le parcours, les possibilités de ravitaillements.

Ensuite, s’en suit une sieste monumentale, affalé dans le camion, sous ce joli soleil, et dire que demain, c’est flotte toute la journée... après 2h de sieste, nous cherchons des provisions, les douches en attendant Eric et sa tribu.

Les voilà arrivés, nous préparons en express nos sacs pendant  que les autres préparent l’apéro et le repas… et ça commence pour moi, pas de semelles pour les chaussures, va falloir improviser. Après une soirée sans trop de régime alimentaire encore, il faut allez maintenant au dodo ; demain, il y a course !

Le réveil retenti à 6h, on saute dans les habits non sans constater qu’il pleut depuis un long moment... .et merde ! purée, venir en Espagne pour avoir de la flotte.

Un avantage, pas besoin de ranger la veste, ni les gants d’ailleurs pour moi, le grand frileux de la course. Un petit déjeuné rapide et c’est parti, on est en retard et se présente au contrôle des sacs à 6h57… avec le commissaire qui parle en criant et bizarrement je sais ce qu’il dit : magnez vous  départ dans 2 minutes. Petite photo avec Damien, je m’incruste devant tant que possible, le décompte arrive et Pan, la meute est lâchée. On n’est pas en Espagne pour rien, on dirait qu’ils ont les taureaux aux fesses tellement ça part vite. Perso, c’est pas le top, j’espère juste que les séances de la semaine ne vont pas m’être préjudiciable.  

Après une virée sous quelques applaudissements dans les rues de Begues, direction un chemin en terre qui va monter pendant un long moment ; les extérieurs de mes mollets sifflent, les jambes ne répondent pas trop, enfin on verra par la suite. Je me fais doubler dans tous les sens, pas grave ; pas d’affolement, on continu.  Alors qu’il était convenu de ma part ne pas faire appel à Eric, je me dois de sortir le téléphone pour quémander de nouvelles chaussures, celles-ci, les mêmes qu’à Gruissan me font inévitablement des ampoules. Le texto envoyé, la pluie est toujours présente, elle redouble même. Je m’accroche au moment de me faire déposer par une féminine, le chemin est toujours le même, une route carrossable en cailloux qui permet de déjà voir que les 20 premiers sont loin.

J’essaye de penser à autre chose, sinon la journée va être longue ; nous attaquons maintenant une descente tout aussi roulante, je reprends la féminine. Petit à petit, la douleur aux mollets disparait, bon certes pas encore l’apparition des ampoules mais ça devrait aller mieux au changement de pneus ! ^^

Nous arrivons dans une portion vallonnée, avec des pierres dans tous les sens, des arbustes bas chargés d’épines, une terre rouge amoureuse à mes chaussures, très compliqué de doubler, il va falloir se battre, jouer des coudes. Nous arrivons au sommet coiffé d’une croix, enchainé avec une descente de la même composition que la montée. J’ai distancé dans cette partie technique un petit groupe de coureurs, avant d’arriver dans une forêt suivi d’une longue descente, qui va nous mener vers le 1er ravitaillement, 16ème kilomètres.  J’arrive, tranquille, les bénévoles me demandent ce que je souhaite, mais bon en espagnol… je leur réponds, un Ricard, elles me regardent disons bizarrement, alors je demande une téquila, là je vois le sourire sur leurs visages. Bon assez perdu de temps, un quartier d’orange, un verre de coca et c’est reparti ; entre temps un groupe de supporter français m’encourage tout content de voir un patriote.  Je repars tranquille sur ce sentier de forêt, très vite je rattrape un groupe de 3 espagnols avec qui je vais rester une quinzaine de kilomètres. Le parcours dans les pinèdes est sympa, ça monte un peu mais rien de dramatique, 75m de montée et 300 de descente ; c’est très roulant. Très vite on arrive sur une portion de bitume qui nous amène jusqu’au ravito du 24 ème. Je me calque sur leur allure, pas très rapide mais à vrai dire ce n’est que le début de course.  Nous en profitons pour échanger quelques mots en anglais, ce qui tourne relativement court… lol On arrive au 22ème, le groupe de français est déjà là à attendre leur concurrent ; nous échangeons quelques peu pendant que je range la veste dans le sac ; il ne pleut plus, pour le moment. J’en profite également pour regarder mon téléphone qui a sonné : on me dit que je suis 20ème  au pointage, purée ; cool !

Les 3 compères prennent leur temps, j’enquille un coca, une rondelle de banane et me voilà reparti avant eux. Une portion en bitume nous accompagne quelque temps avant de passer sur un sentier en gravillon qui serpente au fond de la vallée. On se croirait dans le sud Est de la France, des oliviers partout, c’est sublime ! Après 2-3 kilomètres comme celui là, j’arrive dans un goulet de rivière partiellement sèche ; partie ultra technique, glissante, et parsemé d’arbres ; il faut être très vigilant. Je reprends un coureur qui à l’air en grosse difficulté sur ce type de terrain. Je m’éclate, je saute comme un cabri de pierre en pierre évitant ces arbres. Les jambes sont revenues, les  ampoules ne sont pas encore un lointain souvenir, mais j’avance en attendant Eric. Le sentier déboule sur une vue ahurissante, nous passons au milieu de 2 carrières monumentales, des trous béants sont de part et d’autre d’un tout petit chemin ; il est comme suspendu 300 m au dessus du fond des carrières. ; Avec en fond la mer, dommage, il manque le beau temps. Les 200m de montée avalées sans trop de problèmes laisse place à 500m de descente ; parfois technique, parfois roulante. La première partie est sur la route, pendant au moins 3 kilomètres, on peut envoyer du bois. Lol Une fois cette portion finie, je reprends le GR au travers des sapinettes ; d’un coup le sentier arrive en surplomb de la mer, le ravito est en bas, j’aperçois un concurrent loin devant, j’accélère, je me reposerai au ravito. Un drone tourne au dessus de ma tête, il me suit dans ma descente infernale. Je saute comme un cabri, en faisant 2 – 3 coucous à la caméra ; très vite, je reprends le concurrent que je dépose littéralement alors que la descente s’achève. Nous rentrons en ville, direction la plage, passage dans un tunnel, puis je vois la mer au fond, et une tente : le ravito. J’arrive sous les acclamations des spectateurs venus en nombre à cet endroit. On me badge, je pose mon sac ; toujours le même rituel, coca, banane, eau pétillante, lecture et réponse aux textos. 14ème en 3h26 ; j’ai donc grillé 6 mecs, et sans envoyer à fond ; cooollll. Une fille parle français, elle me demande si ça va, et ce que je souhaite. Elle me sert et m’aide pour ranger mon sac, sympa. Le concurrent arrive enfin, alors que je me prépare à repartir ; un bye bye et puis s’en va, non sans regarder la plage. Je saute le parapet pour rejoindre la plage, 100m dessus et nous voici dans les escaliers, en marchant ; pas besoins de se cramer car il reste 70 bornes. Une fois les escaliers finis, nous sortons de la ville et nous empruntons un sentier très pentu, mais vu le monde doit être un sentier de balade familiale…. Mais pour sportif ! Le sentier monte à flanc de falaise dans les pins ; ça grimpe dur ! Je manque de me perdre plusieurs fois, ça glisse un peu sur cette terre glaise, je ne perds pas d’attention le gars que j’aperçois au loin ; et si j’arrivais à le reprendre… ? non non molo ; malgré tout les 300m  de dénivelé sont avalés rapidement. Le paysage est superbe, je suis maintenant de l’autre côté des carrières, le ciel se dégage petit à petit. J’en profite pour regarder les sms ; Eric me demande où je suis, il est sur la route, euh, je suis passé le 34ème ; je lui dis laisse tomber les chaussures, je gère ! Je rattrape 2 gars, ils n’avancent pas mais je n’arrive pas à les doubler dans ces pinèdes en single trace ; la plaisanterie dure un bon quart d’heure ; mais au moindre espace je les ai déboités les espingouins ! ^^ C’était pas simple, la roche était comme des piquants sortant de terre ; ils avaient l’air de marcher sur des œufs !  Arf, devant moi s’étant un chemin carrossable, une véritable autoroute, pfff tant de risques pour ça. Enfin bref, j’arrive maintenant sur une route, on dessous, je me fais littéralement déposer par un gars sorti de nulle part… j’essaye de m’accrocher à lui, enfin j’essaye… on reprend un petit sentier qui très vite grimpe sur le GR en lacet. Il à déjà 2 lacets d’avance sur moi, un avion le type. Je sens que par contre en montée, je suis vraiment meilleur que lui ; très vite je le reprends et le dépose avant même le sommet de la côte. Je me retourne, plus rien, j’entends des gens qui applaudissent, cool enfin du monde. Je bascule sous les applaudissements avant qu’on me fasse signe de badger et d’aller au ravito qui se situe sur une crête, à un observatoire. Je tombe sur un black, super cool, en plus il parle français ; il m’explique, tu as 3 minutes pour te ravitailler et tu repars. 3 min ? Pourquoi ? C’est comme ça me répond il, après c’est pénalité. Le gars me suit avec un chronomètre dans la main ; petit ravito, une photo ensemble sous une arche souvenir fleurie pour l’occasion, j’observe la vue énormissime sur la mer, le gars me dit 20 sec, ok je file repucer ; je le remercie et je reprends le chemin ; encore une piste carrossable…Je reçois un sms m’assurant que je suis 12ème au 48ème kilomètre, cool ; 4h50 de course. S’en suis un enchainement de montée – descente et encore des montées puis descente, dans les sapins, pendant je pense 5 bons kilo.

J’arrive sur un plateau, désertique, enfin désertique façon de dire, pas de forêt… rien ; que des broussailles longeant un chemin en gravillon blanc. D’un coup d’un seul, pleins de coureurs arrivent de la droite ; le 42km. A voir leur allure, je pense que c’est le milieu de la course, je les double dans tous les sens… Je reprends tout à coup un 105 ! Antonio, il marche, je l’encourage, … quelle connerie, le gars en profites pour m’accrocher… et mince. Le chemin monte, je le lâche progressivement  en doublant encore des participants. En haut, nous prenons à droite, sur encore un single, ce coup-ci je crie un mot bizarre, mélange de français et d’espagnols, leur demandant de se pousser… mdr j’en rigole tout seul. Les arbustes me défoncent les jambes, putain d’épines ; mais le paysage en vaut le coup ; je relance comme je peux dès que je peux, cool, les jambes répondent, pas de creux, c’est déjà ça de prit ! ça monte molo mais ça monte, les kilomètres défilent je double encore et encore J J’entends tout à coup des applaudissements, j’arrive dans un village, le ravito ; je badge, regarde le panneau, Km 59 ! 9ème position, tout simplement énorme…. 2-3 questions me viennent, vais-je tenir ce rythme que j’augment au fur et à mesure des kilomètres ? les autres sont comment ? loin ? pfff on verra ; 2 coca ; 2 eau gazeuse ; 2 quartier d’orange et c’est reparti ! Entre temps Antonio m’est passé devant, pourtant je ne suis pas resté longtemps… le chameau ! Je repars et le reprends rapidement, je l’encourage et encore une fois, il s’accroche… et merde, c’est pas possible ?! Une montée et une descente et nous serons au prochain ravito dans 1h30 max ; je rattrape le gars qui m’avait déposé voilà quelques km, curieux je ne l’ai pas vu repasser. Nous constituons un groupe de 3, ils relancent en permanence même en faux plat montant, ils ont la forme ! Je m’accroche, je repasse devant, ils repassent, et pourtant je n’ai aucune envie de rester avec eux…. Cette partie est globalement très roulante, ça passe vite, le pointage suivant est déjà là... on s’arrête juste le temps de prendre un gobelet et repartons de suite. Il commence à faire chaud, ça nous change de ce matin avec mon départ en mettant les gants. Le terrain descend un peu, c’est agréable, les 2 espagnols ne me lâchent pas, mais je ne les lâche pas non plus ; quelques mots en anglais mais bon ils ont le même que moi L ça tourne court. Nous arrivons après quelques temps en forêt sur une route, elle nous mène à Begues en contre bas. Nous y arrivons très vite, les 42 est à nouveau à nos côtés, nous arrivons ensemble au ravito à 2 pas de là où on était avec Damien.

Pointage au 75ème, 7ème car nous avons doublé un gars entre temps ; 8h22 de course. Les 2 s’assied et demande leur sac de ravitaillement, le gars me regarde et me demande si j’en ai un. Je lui réponds que non, il fait les gros yeux… comme si sur un 100bornes le drop bag était utile !? J’en profite pour manger des pates, orange, coca, eau gazeuse, je fais le pleins de force, je ne compte pas rester avec eux sur les 30 derniers. Tout à coup, alors que le premier se change et restaure, Antonio part d’un coup, lui non plus ne compte visiblement pas rester avec nous. Je suis surpris alors qu’il paraissait cuit, il repart. Je balance mes pates, et fait signe à l’autre que comme j’ai froid je redécolle ! ^^ Il est déjà loin, j’essaye de le reprendre rapidement c’est chose faite après 5 minutes, il constate que je ne compte pas me laisser faire… reste 30 bornes pour lui montrer que j’ai ma carte à jouer. Nous sortons de la ville, un long chemin se dessine devant nous, en montée progressive ; Antonio marche, je m’arrache en courant pour faire un trou. Je lance l’offensive… c’est décidé à 30 bornes de la fin il faut attaquer maintenant et ne pas avoir de regrets, quitte à tout perdre. Je ne me retourne pas, j’appuie fort sur les bâtons, ça monte, ça descend mais ça se fait, je me retournerai voir l’écart plus tard… le chemin, large, file dans la forêt quand tout à coup une côte monumentale se dessine devant mes yeux, euh et mes jambes là… ça va piquer. Le haut de la côte est enfouit dans le brouillard ; 250m de montée parsemée de cailloux ne permettant aucun écart… c’est maintenant finalement la vrai attaque ! J’envoie du bois, les jambes sont là ; le cœur aussi, je relance alors que le souffle s’accélère ; il me faut les assommer.   Je m’arrache, me sort les tripes… une bonne vieille côte comme je les aime, je me retourne une fois en haut plus personne derrière, Antonio à lâché ! Une grande et large piste slalome en descendant la montagne, là encore j’envoie un max, à bloc…. Il faut prendre de l’avance car à chaque fois ils sont revenus… et j’ai franchement aucune envie de les revoir… même à l’arrivée ! Ça dur 3 bon kilomètres, je fais du tourisme en observant des ruines très jolies. Une fois cette longue descente, je rentre dans la forêt, une forêt d’arbres et de pierrier, avec des sauts à effectuer, des réceptions glissantes, des passages sur flanc de falaise. Je fais mon bonhomme de chemin en relançant dès que possible, ou du moins  en essayant de prendre du temps aux autres, en se rappelant qu’ils étaient moins techniques que moi. Une dernière montée et j’arrive au pointage, une pate de fruit, un verre d’eau, une petite discussion en anglais en expliquant que je cours un 130km le week prochain, le mec  n’en revient pas… et me souhaite bonne chance et fin de course ; je regarde les messages avant de reprendre le chemin, 7ème !! arf énormissime !!!. Je repars comme une balle, l’idée de me faire griller si près du but ne me réjouit pas du tout. Je me retourne en partant, rien derrière… je reprends le même genre de chemin, pierre sautant de terre, gros saut à effectuer, branche à esquiver ; je m’éclate, un véritable cabri ! Après une bonne demi heure comme ça, et je rentre dans une forêt ultra roulante, légèrement montante, je cours quand même, j’essaye de faire la différence, par rapport aux poursuivants, et pourquoi pas rattraper un concurrent en dérive devant ; en même temps je ne sais pas si c’est possible, j’ai pas demandé. L J’arrive sur un chemin carrossable en descente assez forte, purée les jambes morflent si je me retiens, alors j’envoie ! J’aperçois une ville en contrebas, le prochain ravito j’espère ; 4 kilomètres comme ça, j’arrive en haut d’escalier, purée de changement de rythme, je traverse la rivière, le village est au dessus, vas falloir remonter. Effectivement, bam, des escaliers, je les monte en marchant, mais rapidement…je serpente les rues, croisent quelques personnes qui m’encourage ; j’entends de la musique, c’est là ! Une tonnelle sur une place alors que je viens de passer devant un bistro, ils buvaient une bière…. Arf les salopards, je me serais bien assis avec eux ;)  Bref, je m’assieds quelques mètres plus loin après avoir bipper ; je me fais servir. J’avoue que ça fait du bien, 2 verres de soupe, 2 de coca, 2 d’eau gazeuse, une banane… je suis un peu atteint mais bon faut tenir ! Le gars me demande de remplir le camelbag ; non j’en ai encore. Je ne reste pas, je tente le coup du rapide… reste 12 petits kilomètres. Je repars sous les applaudissements, ça monte direct, et ça monte dur. Je quitte la route pour un petit chemin de pierre ; le profil indiquait D+250 enchainé à descente puis montée D+350, enfin c’était les 2 difficultés car je crois que c’était D+ 890, facile quoi ! les paysages défilent ; forêts, pierriers, chemins roulants, tout y est… j’avoue que je ne regarde pas trop le paysage, je suis focalisé par cette 7ème place qui me tend les bras… alors raconter  c’est compliqué ; tout ce que je sais c’est que ça m’a paru une éternité, à 4 km de l’arrivée, je commence à faire une hypo, mais pas le courage de tourner le sac pour prendre quelques choses ; une erreur… mais bon la flemme ! Je descends sur Begues,2 km , je me reconnais, je sais ce qu’il reste. Quelques personnes applaudissent de leur fenêtres, le bitume ne répond pas comme les sentiers, les jambes peinent un peu, mais plus pour longtemps. J’arrive sur l’axe principale du village, en descente vers l’église, et non, pas tout droit, on tourne, un petit détour qui fait mal… j’arrive en haut de la rue piétonne, j’étais là voilà 11h30 ! D’un coup, Eric, Sandrine et les petits sont là à gauche ; je m’arrête, blanc sans doute, cuit certainement… je leur dis « j’en peux plus, je suis cuit » Eric m’encourage à repartir, je ne me souviens pas de cette ligne droite d’arrivée, mais très bien de l’arche, je lève les bras en vainqueur !!! Vainqueur de moi-même ; ma plus grosse perf, un résultat qui me restera gravé comme jamais… 11h35’11 d’effort ; 7ème au scratch, 3ème sénior !!!! 1er  français…. MONUMENTAL. Je peine à réaliser.

Eric, Sandrine, Dam viennent me féliciter et m’accueillir. Je suis cuit, mais putain je l’ai fait ! Je me pose sur une chaise, reviens à moi, et commence à réaliser cette perf. Ok devant c’est pas Jornet, mais je m’en fou. Direction la douche, l’apéro et le resto avant de revenir sur le podium !!! Waouh !!!!

 

Maintenant, je tourne la page de Barcelone, direction l’Euskal Trail dans 6jours ; 130km D+8000m, là ça va piquer… et pas question de faire une place.